
Antoine Jean Terray et la révolution
A la mort de l'Abbé Terray, son frère, le Vicomte
de Rosières, ne lui survécut que deux ans. En 1780,le
domaine passe entre les mains de son fils et unique héritier,
Antoine Jean Intendant de Montauban, puis de Lyon.
La cour d'honneur en 1774 - gravure de La Brunière
Ce dernier va transformer La Motte Tilly. Pour satisfaire au goût romantique
de l'époque, il substitue au parc à la française un parc
paysager aux nombreuses essences exotiques. Il adapte également le décor
intérieur du château : des papiers peints panoramiques mi-champêtre
mi-étrusques, prennent la place de certaines boiseries, l'escalier en
bois desservant le premier étage, visible sur le plan de F.N Lancret,
fut démoli et remplacé par un bel escalier de pierre dont l'ampleur était
plus conforme à la fortune de son propriétaire.
Plan du château en 1782
Ces aménagements étaient tout juste terminés lorsque la
Révolution éclata. Nommé député de la Noblesse
en 1789, Antoine Jean Terray refuse de prendre part à l'immigration.
Il estime ne rien avoir à craindre en restant à La Motte Tilly
où il est aimé de la population. En fait, ayant été arrêté une
première fois en octobre 1793, et incarcéré à Provins,
il ne tarde pas à être relaxé. Il se fait arrêté de
nouveau à La Motte Tilly avec sa femme, cette fois sur ordre de Paris,
le 14 décembre 1793. Ce sont alors quatre mois de prison à Port
Libre, l'ancienne maison de Port Royal et, à la fin du mois
d'avril 1794, Antoine Jean Terray et sa femme périssent sur l'échafaud.
Déclaré "bien national", l'inventaire du château
prit toute l'année 1794 et, de janvier à mars 1795, près
de 1605 lots d'objets furent vendus à la criée dans les rues
de Nogent sur Seine. Aucun de ces objets vendus n'a encore pu être retrouvé. Quand, deux ans plus tard, Claude Hippolyte Terray, le fils d'Antoine Jean, peut
reprendre
possession
du château, celui-ci ne renferme plus
que quelques consoles et deux poêles en faïence.
En février 1814, cette partie de la Champagne devint l'un des principaux
champs de bataille de la "Campagne de France" et les troupes cosaques
marquèrent ici leur passage d'un certain nombre de dégradations : citons pour mémoire la perte des beaux parquets "à la
Versailles". Les troupes du Tsar y mirent le feu pour se chauffer et l'on
peut voir les impacts des balles qu'ils tirèrent dans l'un des panneaux
du salon bleu.
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